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cas d usage Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture

À quoi ressemble un trimestre de notes quand les symptômes gênent le travail ?

Voici le déroulé complet d’un trimestre ordinaire: une femme de cinquante et un ans, responsable d’équipe, dort mal depuis l’automne, s’énerve en réunion et repousse la consultation. Du premier soir de notes à la deuxième consultation, chaque étape est décrite avec ce qui a été noté, ce qui a été demandé et ce qui a réellement changé.

Femme d’une cinquantaine d’années debout près d’une fenêtre entrouverte dans un bureau clair, s’éventant discrètement avec un carnet pendant une pause

Cela ressemble à très peu de chose: quarante secondes par soir, une ligne de sept cases, et au bout de douze semaines une feuille imprimée qui tient dans une pochette. Voici le déroulé complet d’un trimestre ordinaire, semaine par semaine, avec ce qui est noté, ce qui est demandé et ce qui change réellement.

Le cas est un cas type, reconstitué à partir de situations courantes plutôt que d’une histoire unique. Appelons la Hélène. Elle a cinquante et un ans, elle encadre une équipe de neuf personnes dans une entreprise de services, et depuis l’automne elle dort mal. Elle met tout sur le compte de la charge de travail.

Semaine 1: le déclencheur et les premières notes

Trois réveils par nuit depuis l’automne

Le déclencheur n’est pas médical. C’est une réunion de service, un mardi, où elle coupe la parole à un collaborateur sur un ton qui ne lui ressemble pas. Le soir, elle compte: elle se réveille deux à trois fois par nuit depuis plusieurs mois, souvent trempée, et se rendort mal.

Elle n’a encore rien à raconter à un médecin. Elle a une impression générale de fatigue et une phrase toute faite, en ce moment c’est difficile, qui ne se discute pas en consultation. C’est exactement le point de départ de la plupart des trimestres réussis: une gêne réelle, aucune donnée.

Ce qui est noté dès le premier soir

Le premier soir, elle choisit six éléments et s’y tient: heure de coucher, nombre de réveils, sueurs nocturnes ou non, nombre de bouffées de chaleur dans la journée, gêne globale de 0 à 10, et une case pour les règles ou les saignements. Rien d’autre.

Elle fixe surtout son échelle par écrit, une fois pour toutes: 3 correspond à une journée où elle y pense mais travaille normalement, 6 à une journée où elle ferme la porte de son bureau pour souffler, 9 à une journée où elle annule quelque chose. Cette définition écrite est ce qui rendra comparables janvier et avril. La méthode complète est décrite dans notre guide pour noter trois mois de symptômes et tenir sur une seule page.

Semaines 2 à 5: ce que la frise fait apparaitre

Des vagues, pas une dégradation continue

Au bout d’un mois, la frise mensuelle donne une image qu’aucun souvenir n’aurait produite. Elle ne montre pas une pente qui descend, elle montre des vagues: neuf jours difficiles groupés, puis six jours presque normaux, puis une nouvelle série.

Cette forme change tout dans sa tête. Elle cesse de se demander si elle exagère, parce qu’une alternance datée n’est pas une impression. Elle cesse aussi d’attribuer les mauvaises journées à la seule pression professionnelle, puisque deux semaines chargées coïncident avec des notes basses.

Le lien avec les cycles raccourcis

La colonne des règles apporte le second élément. Sur trois mois, ses cycles passent de vingt huit jours à vingt trois, puis remontent à trente et un, avec des saignements plus courts et deux épisodes de spotting.

Mis côte à côte, les pics de sueurs nocturnes tombent dans les jours qui précèdent les règles. Elle ne conclut rien, et c’est le bon réflexe: elle note la coïncidence, elle en fait une question. Une frise ne diagnostique pas une périménopause, elle fournit la matière d’une discussion.

Semaine 6: choisir la porte d’entrée et prendre rendez vous

Le délai qui décide

Elle passe trois appels dans la même matinée. La gynécologue médicale qu’on lui a conseillée propose un créneau à cinq mois. Une sage-femme du centre de santé voisin propose trois semaines. Son médecin traitant a une place dans douze jours.

Elle fait ce que font beaucoup de femmes quand elles ont l’information devant elles: elle prend les deux. Le rendez vous à douze jours pour poser le sujet et lancer ce qui doit l’être, le créneau spécialisé conservé pour plus tard. Les différences entre ces trois voies sont détaillées dans notre comparatif sur le choix entre médecin traitant, gynécologue et sage-femme.

Annoncer le motif à la prise de rendez vous

Au téléphone, elle ne dit pas j’aimerais parler de quelque chose. Elle dit: consultation dédiée à des symptômes de périménopause présents depuis six mois, avec troubles du sommeil. Le secrétariat lui donne un créneau de fin de matinée, plus long.

Ces deux phrases valent une consultation entière. Un motif annoncé se prépare, un motif découvert à la dernière minute se reporte.

Semaine 8: la consultation préparée

La feuille d’une page posée sur le bureau

Elle arrive avec une page imprimée en deux exemplaires. En haut, ses questions. Au milieu, la frise des deux derniers mois. En bas, les dates de ses règles, les deux compléments essayés et arrêtés, et la mention de la charge de travail actuelle.

Elle pose la feuille sur le bureau au lieu de commencer par un récit. Le médecin la lit en trente secondes, entoure deux périodes, et pose une question précise sur les nuits de la deuxième semaine. La consultation part d’un fait, pas d’une plainte générale.

Les quatre questions prioritaires

Elle en avait écrit quatre, dans cet ordre, et les a posées dès le début.

  1. Ce que je décris correspond il à une périménopause, et qu’est ce qui permettrait de le penser ou non ?
  2. Quelles options existent pour les sueurs nocturnes et les réveils, hormonales et non hormonales ?
  3. Compte tenu de mes antécédents, y a t il des contre indications à discuter dès maintenant ?
  4. Quels examens sont utiles à ce stade, et lesquels ne le sont pas ?

La quatrième question est celle qui évite le plus de dépenses inutiles. Elle demande explicitement ce qui ne sert pas.

Les antécédents et contre indications signalés

Elle signale d’elle même trois choses qu’on ne lui aurait peut être pas demandées dans cet ordre: une phlébite chez sa mère, des migraines avec aura à la trentaine, et le fait qu’elle fume cinq cigarettes par jour depuis deux ans.

Ces éléments figurent parmi ceux que le résumé des caractéristiques des traitements hormonaux invite à examiner. Elle ne les évalue pas elle même, elle les met sur la table. La discussion porte alors sur des options réellement compatibles avec sa situation, et non sur un principe général. Une prescription est mise en place, avec une réévaluation prévue.

Semaines 9 à 12: noter les effets ressentis

Reprise du journal quinze jours après

Quinze jours après la consultation, un rappel doux lui propose de rouvrir le journal avec une colonne de plus: effets ressentis et horaire de prise. Ce délai n’est pas anodin, il laisse passer les premiers jours d’adaptation sans les transformer en verdict.

Elle note peu de choses, deux mots par soir. Mais elle les note tous les soirs, y compris les soirs où il ne se passe rien. Ce sont ces soirs là qui donneront leur relief aux autres.

Ce qui s’améliore et ce qui persiste

Au bout de trois semaines, la frise montre deux mouvements distincts. Les sueurs nocturnes reculent nettement, avec des réveils qui passent de trois à un sur la majorité des nuits. Les douleurs articulaires du matin, elles, ne bougent pas.

Sans le journal, elle aurait retenu une impression globale, ça va un peu mieux, et le second rendez vous aurait porté sur cette impression. Avec le journal, elle apporte deux constats séparés, dont un qui appelle une question nouvelle. C’est aussi ce qui évite l’arrêt silencieux, ce moment où l’on cesse un traitement sans en parler et où l’on recommence trois mois plus tard à zéro. Le coût de ce cycle est chiffré dans notre article sur ce que coûtent six mois de nuits hachées et d’achats au hasard.

Le deuxième rendez vous et ce qui a changé

Une discussion d’ajustement, pas de reprise à zéro

Le second rendez vous ne commence pas par alors, comment ça va. Il commence par la comparaison de deux frises tracées sur la même échelle, avant et après. La conversation devient un ajustement: ce qui a répondu, ce qui n’a pas répondu, ce qu’on regarde ensuite.

Cette posture porte un nom employé par les professionnels, la décision partagée, et elle est documentée par les travaux de la Haute Autorité de santé sur la décision médicale partagée. Elle suppose une chose de votre côté: apporter des faits datés plutôt qu’une appréciation.

La trace écrite transmise au médecin traitant

Avant de partir, elle demande trois choses: un compte rendu écrit, sa transmission à son médecin traitant, et la date de la prochaine évaluation. Le code de la santé publique prévoit une lettre de liaison lors d’une entrée ou d’une sortie d’établissement de santé; en ville, ce compte rendu joue le même rôle de continuité.

Elle conserve l’exemplaire papier avec les autres documents. Quand elle verra la gynécologue médicale, cinq mois après son appel, elle n’arrivera pas avec une page blanche mais avec deux frises, une prescription, ses effets et un compte rendu.

Un trimestre de notes ne ressemble donc pas à un dossier médical. Il ressemble à sept colonnes, une échelle définie une fois, une page imprimée et une colonne ajoutée après la prescription. Le travail réel tient en quarante secondes par soir; tout le reste est de la mise en forme.

C’est ce que fait le carnet Equilune: il enregistre le geste du soir, construit la frise mensuelle, produit la synthèse d’une page à imprimer et rappelle la reprise du journal quinze jours après une nouvelle prescription. Il ne pose aucun diagnostic et n’interprète rien à votre place.

Si votre situation ressemble à celle décrite ici, demandez une démonstration du carnet de suivi Equilune en indiquant depuis combien de mois durent vos symptômes: nous vous montrons la frise, la synthèse et le suivi des effets ressentis appliqués à votre cas.

Vos trois prochains mois tiennent sur une seule page

Equilune enregistre vos bouffées de chaleur, votre sommeil, vos douleurs et vos règles en moins d’une minute par soir, puis en tire une frise lisible et une synthèse d’une page à poser sur le bureau de votre médecin traitant, de votre gynécologue médicale ou de votre sage-femme. Le carnet ne pose aucun diagnostic et ne recommande aucun traitement.

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Portrait de Jimenez Julien, éditeur du carnet Equilune

L’auteur

Jimenez Julien

Éditeur du carnet Equilune au sein de MLJ, il a passé trois ans à écouter des sages-femmes libérales, des gynécologues médicales et des femmes de quarante à cinquante huit ans décrire la même consultation trop courte. Il écrit ici sur la manière de noter, de classer et de raconter des symptômes de périménopause, sans jamais empiéter sur le travail des professionnelles de santé.

Le parcours de Jimenez Julien et les trois principes du carnet

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