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chiffrage Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture

Que vous coûtent réellement six mois de nuits hachées et d’achats au hasard ?

Attendre que cela passe a un prix, rarement calculé. Consultations qui n’aboutissent pas, compléments achetés sur un conseil de comptoir, heures de recherche entre des informations contradictoires, demi journées posées, sommeil perdu: voici le chiffrage poste par poste, en argent et en temps, d’un semestre de symptômes gérés sans aucune trace écrite.

Mains d’une femme d’âge mûr posées sur une table de cuisine claire, avec plusieurs boîtes neutres de compléments, des tickets de caisse froissés et une calculatrice

Le coût d’un semestre passé à attendre se répartit en cinq postes, et la surprise est là: les deux plus lourds ne se paient pas en euros mais en heures et en mois. L’argent sorti reste modeste et diffus, quelques boites, quelques restes à charge. Le temps, lui, se compte en soirées de recherche, en demi journées posées et en périodes d’observation qu’il faut recommencer depuis le début.

Aucune facture ne totalise cela, parce que rien n’est écrit nulle part. Voici donc le décompte poste par poste, avec ce qui se compte réellement dans chacun, puis la manière de l’additionner sur six mois. Les montants dépendent de votre situation, les mécanismes non.

Poste 1: les consultations qui n’aboutissent pas

Une consultation qui n’aboutit pas n’est pas une consultation ratée. C’est une consultation où le motif réel n’a pas été formulé assez tôt pour être traité.

Le rendez vous où le sujet n’a pas été traité

Le scénario est toujours le même. Vous venez pour un renouvellement, une douleur d’épaule ou un certificat. La fatigue et les réveils nocturnes arrivent dans la dernière minute, sous la forme d’une phrase générale. La réponse est nécessairement générale elle aussi, et le sujet est repoussé au prochain rendez vous.

Ce rendez vous a pourtant tout couté: le tarif, le trajet, l’attente, le temps posé. Il n’a rien produit sur la question qui vous préoccupe. Compté sur un semestre, deux ou trois épisodes de ce type suffisent à décaler une prise en charge de plusieurs mois.

Le reste à charge selon le secteur d’exercice

Le montant que vous avancez et celui qui vous reste dépendent de plusieurs paramètres bien identifiés: le secteur d’exercice de la praticienne, l’existence ou non de dépassements d’honoraires, votre contrat de complémentaire santé, et le respect du parcours de soins coordonné.

Deux précisions comptent ici. La gynécologue figure parmi les spécialités accessibles directement pour certains actes, ce qui ne dispense jamais de tenir le médecin traitant informé. Et la complémentaire santé solidaire, attribuée sous conditions de ressources, modifie sensiblement le reste à charge de celles qui y ont droit. Les règles de remboursement sont exposées par l’Assurance Maladie sur ameli.fr.

Poste 2: les compléments et produits achetés au hasard

C’est le poste le plus visible, celui dont il reste des boites dans le placard de la salle de bains.

Les achats répétés faute de repère

Le mécanisme est mécanique, au sens propre. Vous achetez un produit sur un conseil de comptoir ou une recommandation d’amie. Vous le prenez trois ou quatre semaines. Vous ne savez pas dire s’il change quelque chose, parce que vous n’aviez rien noté avant de commencer. Vous arrêtez, vous en essayez un autre.

Sur six mois, cela donne facilement trois ou quatre produits successifs, aucun testé assez longtemps, aucun comparable aux autres. Le coût n’est pas seulement le prix des boites multiplié par leur nombre. C’est surtout que ces semaines n’ont rien appris: vous ne pourrez rien en dire d’exploitable en consultation.

La correction tient en une ligne: noter deux semaines avant de commencer un produit, garder la même échelle pendant l’essai, et dater le début comme l’arrêt. Les habitudes qui font échouer ce genre de comparaison sont détaillées dans notre article sur les habitudes de notation qui font perdre le fil des bouffées de chaleur.

Ce qu’un complément peut et ne peut pas revendiquer

Un complément alimentaire est une denrée alimentaire. Il ne peut pas revendiquer de propriété de prévention ou de guérison d’une maladie, et il ne relève pas du même régime d’évaluation qu’un médicament. Cette différence explique l’écart entre la promesse d’un emballage et ce qu’une professionnelle de santé en dira.

Elle explique aussi pourquoi certains produits ne conviennent pas à toutes les situations et méritent d’être signalés en consultation, au même titre qu’un traitement. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail anime un dispositif de nutrivigilance qui recueille les signalements d’effets indésirables liés à ces produits, présenté sur le site de l’Anses.

Conséquence pratique pour votre décompte: la liste des produits essayés, avec les dates, vaut autant que leur prix. C’est la seule partie de ce poste qui garde une valeur au bout de six mois.

Poste 3: le temps de recherche d’informations

Ce poste ne coute rien et pèse le plus lourd. Personne ne le compte, parce qu’il se paie en heures déjà fatiguées.

Les heures passées le soir

La recherche se fait rarement à tête reposée. Elle se fait à deux heures du matin, après un réveil trempé, ou le dimanche soir quand la semaine s’annonce lourde. Une soirée de lecture d’articles, de forums et de pages commerciales consomme facilement une à deux heures.

Répétez cela une ou deux fois par mois pendant six mois: vous obtenez l’équivalent d’une journée et demie de travail, prise sur du sommeil déjà rare. Et cette journée et demie ne laisse aucune trace utilisable, puisque rien n’en est daté ni conservé.

Le coût caché de l’information contradictoire

Le vrai coût de ces heures n’est pas leur durée, c’est ce qu’elles produisent. Une lecture nocturne alterne des contenus rassurants, des contenus alarmants et des pages qui vendent quelque chose. Vous en sortez avec une inquiétude en plus et aucune question formulée.

Une heure passée une fois sur une source française officielle, complétée par vos propres notes datées, remplace ces soirées. La différence tient à ce que vous en gardez: trois questions écrites plutôt qu’un sentiment diffus.

Poste 4: le temps pris sur le travail

Ce poste se voit sur votre compteur de congés, et parfois sur votre relation avec votre équipe.

Demi journées posées pour un rendez vous

Un rendez vous en cabinet consomme rarement moins d’une demi journée une fois le trajet, l’attente et le retour comptés. Un examen dans un centre spécialisé en consomme souvent autant. Quand les échéances ne sont pas groupées, chacune vient se servir séparément.

Sur un semestre où le sujet n’avance pas, on arrive vite à quatre ou cinq demi journées, dont une partie a été dépensée pour rien. Ordonner ces rendez vous à l’avance change directement ce chiffre: nous détaillons cet ordonnancement dans l’article sur l’organisation des douze prochains mois entre examens, ordonnances et rendez vous.

Journées de moindre efficacité après une mauvaise nuit

Ici, aucune statistique n’est nécessaire et aucune ne serait honnête. Vous savez ce que vaut une journée après trois réveils: les tâches longues sont repoussées, les arbitrages sont plus lents, l’irritabilité coute des minutes en réparation de conversations.

Ce n’est pas chiffrable en euros, mais c’est datable. Marquer d’une simple croix les journées où le travail a été affecté transforme une impression en série. Cette série est ce qui rend la conversation possible, en consultation comme au service de prévention et de santé au travail.

Poste 5: le coût des traitements abandonnés en silence

C’est le poste le plus cher du semestre, et le seul qui se paie uniquement en temps.

Une prescription arrêtée sans en parler

Un traitement se prescrit, s’essaie, se supporte mal ou ne convient pas, et s’arrête. Rien d’anormal jusque là. Ce qui coute, c’est de l’arrêter sans le dire, souvent par crainte de décevoir ou de paraitre difficile.

La professionnelle continue alors de raisonner sur une situation qui n’existe plus. La consultation suivante repart d’une base fausse, et les décisions qu’elle produit portent sur un traitement que vous ne prenez plus depuis six semaines.

Le trimestre qu’il faut recommencer

Une réévaluation a besoin d’une période d’observation comparable à la précédente. Un arrêt non signalé annule cette comparaison: il faut reprendre un cycle d’essai, donc plusieurs semaines, puis attendre un nouveau créneau de consultation.

C’est ainsi qu’un semestre devient une année. Deux arrêts silencieux suffisent, et aucun euro supplémentaire n’a été dépensé pour cela. Un exemple complet de trimestre où rien n’est perdu figure dans notre récit d’un trimestre de notes quand les symptômes gênent le travail.

Le total du semestre et ce qui le réduit

Additionner suppose de mettre les euros et les heures dans le même tableau, sans faire semblant de connaitre vos montants.

Additionner argent et heures dans le même tableau

PosteCe qui se compte sur six moisOrdre de grandeur en temps
Consultations sans résultatRendez vous où le sujet n’a pas été traité, reste à charge, trajetsUne demi journée par rendez vous
Compléments et produitsBoites achetées, prix unitaire, durée réelle de chaque essaiTrois à quatre essais interrompus
Recherche d’informationsSoirées passées sur des contenus contradictoiresUne à deux heures par soirée
Temps pris sur le travailDemi journées posées, rendez vous non groupésQuatre à cinq demi journées
Traitement arrêté sans le direSemaines d’observation devenues inutilisablesUn trimestre à recommencer

Remplissez la deuxième colonne avec vos propres nombres, tickets et agenda à l’appui. Le total en euros vous appartient. Le total en heures, lui, dépasse presque toujours ce que l’on imagine, et il est le seul que rien ne rembourse.

Les trois décisions qui font baisser la facture

  1. Noter avant de consulter, pendant au moins trois mois, pour que chaque rendez vous traite le sujet dès la première minute.
  2. Grouper les rendez vous et les examens, en prenant la date de suivi avant de quitter le cabinet.
  3. Signaler tout arrêt de traitement, y compris décidé seule, pour ne pas repartir d’une base fausse.

Le semestre coute donc peu d’argent et beaucoup de temps, et ce temps se récupère en changeant très peu de choses. Trois mois de notes tenues, des rendez vous groupés et un mot dit sur chaque arrêt de traitement: la facture invisible fond, et la consultation suivante repart d’une base exacte.

C’est la fonction précise du carnet de suivi Equilune: garder les dates, les intensités et les essais au même endroit, puis les rassembler sur une page à emporter en consultation. Pour voir ce que donne un semestre déjà documenté, demandez une démonstration du carnet Equilune.

Vos trois prochains mois tiennent sur une seule page

Equilune enregistre vos bouffées de chaleur, votre sommeil, vos douleurs et vos règles en moins d’une minute par soir, puis en tire une frise lisible et une synthèse d’une page à poser sur le bureau de votre médecin traitant, de votre gynécologue médicale ou de votre sage-femme. Le carnet ne pose aucun diagnostic et ne recommande aucun traitement.

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Portrait de Jimenez Julien, éditeur du carnet Equilune

L’auteur

Jimenez Julien

Éditeur du carnet Equilune au sein de MLJ, il a passé trois ans à écouter des sages-femmes libérales, des gynécologues médicales et des femmes de quarante à cinquante huit ans décrire la même consultation trop courte. Il écrit ici sur la manière de noter, de classer et de raconter des symptômes de périménopause, sans jamais empiéter sur le travail des professionnelles de santé.

Le parcours de Jimenez Julien et les trois principes du carnet

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Trois articles pour continuer sur le même terrain: ce que vous notez le soir, à qui vous en parlez et ce que vous emportez le jour du rendez vous.