Comparatif
Equilune ou un tableur de symptômes maison, que choisir
Si vous travaillez déjà avec des tableurs, la tentation est immédiate : une colonne par symptôme, une ligne par jour, une mise en forme conditionnelle et l’affaire est réglée. Le raisonnement est bon, et certaines utilisatrices tiennent ce fichier très bien pendant des mois. Le tableur décroche pourtant sur trois points précis, tous liés au moment de la saisie et au format de sortie. Voici lesquels, sans caricaturer un outil que nous respectons.
Le comparatif poste par poste
| Critère | Equilune | le tableur de symptômes fait maison |
|---|---|---|
| Mise en place | Rien à construire, les sept relevés et l’échelle sont déjà posés. | Une à deux heures pour concevoir les colonnes, les formats et le graphique. |
| Saisie du soir | Sept curseurs, cinquante secondes en médiane, au coucher. | Ouvrir un fichier, trouver la ligne du jour, saisir sept valeurs à la main. |
| Saisie depuis le téléphone | Pensée pour le téléphone, c’est le seul point d’entrée du journal du soir. | Possible mais pénible, cellules minuscules et défilement horizontal. |
| Constance de l’échelle | Repères de 0 à 10 rappelés à chaque saisie, aucun réétalonnage silencieux. | Rien ne vous rappelle ce que valait votre 7 il y a trois mois. |
| Lecture visuelle | Frise datée du trimestre, symptômes superposés aux règles et aux traitements. | Un graphique à construire et à remettre à jour à chaque nouvelle ligne. |
| Page à emporter | Synthèse d’une page en PDF, lisible imprimée en noir et blanc. | Impression d’une grille qui déborde sur trois pages en paysage. |
| Questions de consultation | Questionnaire par type de rendez vous, neuf questions numérotées au verso. | À écrire à part, dans un autre document, souvent la veille au soir. |
| Comptes rendus et ordonnances | Espace documentaire, export complet du dossier en un seul PDF. | Des fichiers dans un dossier, sans lien avec les dates du tableau. |
| Sauvegarde et confidentialité | Hébergement en France chez un hébergeur certifié pour les données de santé. | Dépend de l’endroit où vit le fichier, disque professionnel compris. |
| Coût | Neuf à vingt neuf euros par mois selon la formule, sans engagement. | Gratuit si vous avez déjà le logiciel, plus votre temps de construction. |
Le tableur, l’outil de celles qui savent déjà s’en servir
Un fichier de suivi bien construit est un très bon carnet. Vous choisissez vos colonnes, vous gardez la maîtrise complète du fichier, vous l’emportez où vous voulez, et personne ne vous dira quoi noter. Si vous manipulez des tableaux toute la journée pour votre travail, la mise en forme conditionnelle qui colore une cellule au delà de 6 vous prendra dix minutes et vous donnera déjà une lecture visuelle honnête de votre mois.
Ce chemin a aussi un mérite que nous ne cherchons pas à minimiser : il ne coûte rien de plus que ce que vous avez déjà, et il ne pose aucune question sur l’endroit où vont vos données, puisque le fichier reste chez vous. Pour une personne à l’aise avec l’outil et qui suit deux ou trois symptômes sur une période courte, c’est une solution parfaitement raisonnable, et souvent plus rapide à mettre en place qu’un abonnement.
La saisie du soir, là où le tableur décroche
Le journal du soir se remplit au lit, à vingt trois heures, sur un téléphone. C’est là que le tableur perd. Ouvrir le fichier, attendre la synchronisation, trouver la ligne du jour, viser sept cellules minuscules en défilant horizontalement : ce qui prend cinquante secondes dans un carnet conçu pour cela en prend trois ou quatre, avec l’agacement en prime. Sur trois mois, cette friction ne se paie pas en minutes, elle se paie en soirs manqués.
Or les soirs manqués ne se répartissent pas au hasard. On saute la saisie les jours de fatigue, c’est à dire souvent les mauvais jours, ou au contraire on ne la fait que les jours difficiles parce que ce sont les seuls où l’on pense au fichier. Dans les deux cas, la frise finale est déformée. Un carnet tenu cinq soirs sur sept sans y penser vaut mieux qu’un tableur parfait rempli trois fois par semaine quand vous y songez.
Le graphique, la mise en page et la page à emporter
La deuxième difficulté arrive à la sortie. Une grille de quatre vingt douze lignes sur huit colonnes ne s’imprime pas sur une feuille lisible, et un graphique construit à la main demande d’être repris à chaque ajout de ligne. Vous finirez par produire trois pages en paysage que la soignante posera de côté, ou par refaire à la main une synthèse la veille du rendez vous, ce qui était précisément le travail que le fichier devait vous éviter.
La synthèse d’Equilune est faite pour ce moment précis : un recto, la frise, les dates marquantes, les traitements essayés avec leurs effets, et au verso vos questions prioritaires. Elle s’imprime en noir et blanc sans perdre sa lisibilité et elle est pensée pour être annotée à deux, entourée, barrée, complétée du nom d’un examen. C’est une pièce de consultation, pas un export de données.
Ce que vous gardez avec un fichier, ce que vous perdez
Avec un tableur, vous gardez la propriété totale et la portabilité : le fichier est à vous, il s’ouvre partout, il ne dépend d’aucun abonnement. C’est un vrai avantage, et nous ne prétendrons pas le contraire. Vérifiez simplement où il vit réellement. Un fichier de symptômes intimes stocké sur un espace professionnel ou synchronisé avec un compte partagé pose une question de confidentialité plus concrète que celle de l’hébergement d’un service de santé.
Ce que vous perdez tient en trois choses que le fichier ne fera jamais tout seul : les fiches de vocabulaire relues et datées sur le THM, les contre indications ou l’ostéodensitométrie, le questionnaire de préparation adapté au professionnel consulté, et le rappel de reprise du journal quinze jours après une nouvelle prescription. Ce dernier point est celui qui manque le plus, parce qu’il intervient au moment où l’on croit que tout est réglé.
Quand l’alternative reste le bon choix
Le tableur reste le meilleur choix si vous vivez déjà dedans, si vous voulez maîtriser entièrement votre fichier et ne dépendre d’aucun abonnement, ou si vous ne suivez qu’un ou deux symptômes sur quelques semaines. Il est aussi le bon outil quand vous avez des besoins que nous ne couvrons pas, par exemple croiser vos relevés avec des données d’activité ou de température exportées d’ailleurs. Dans ce cas, écrivez vos repères d’intensité dans la première ligne du fichier et n’y touchez plus.
Le verdict
Un tableur bien tenu bat un carnet mal tenu, toujours. La question n’est donc pas la puissance de l’outil mais la probabilité que vous saisissiez encore le soixantième soir. Equilune gagne sur la friction du coucher et sur le format de sortie, deux points où le tableur demande du travail manuel au plus mauvais moment. Si vous tenez votre fichier depuis trois mois sans faille, gardez le et imprimez juste une page.
Questions frequentes
- Puis je exporter mes données pour les remettre dans un tableur ?
- Oui. L’export complet de votre dossier en PDF est disponible à tout moment, et vous pouvez demander la suppression définitive de vos relevés après l’avoir récupéré. Nous ne construisons pas de rétention par la donnée : un carnet que vous ne pouvez pas quitter serait un mauvais carnet, surtout quand il s’agit de trois mois de votre vie intime.
- Un tableur peut il produire une frise équivalente ?
- Techniquement oui, avec une mise en forme conditionnelle par symptôme et un graphique correctement daté. Comptez une à deux heures de construction, plus une reprise à chaque évolution. La vraie difficulté n’est pas le graphique, c’est de le faire tenir sur un recto lisible en noir et blanc, avec les dates marquantes et les traitements essayés à côté.
- J’ai déjà six mois de relevés dans un fichier, tout est perdu ?
- Non. Reportez les repères de chronologie plutôt que les valeurs jour par jour : début des troubles, périodes les plus difficiles, dates de règles, traitements essayés avec leur durée et leur effet. Vous obtenez en une soirée une base solide, et votre fichier reste comme archive détaillée si une question précise se pose plus tard.
Equilune ou un tableur de symptômes maison, que choisir
Un tableur bien tenu bat un carnet mal tenu, toujours. La question n’est donc pas la puissance de l’outil mais la probabilité que vous saisissiez encore le soixantième soir. Equilune gagne sur la friction du coucher et sur le format de sortie, deux points où le tableur demande du travail manuel au plus mauvais moment. Si vous tenez votre fichier depuis trois mois sans faille, gardez le et imprimez juste une page.